Dans un contexte de tensions internationales accrues, la Corée du Nord a modifié sa Constitution pour prévoir une frappe nucléaire automatique et immédiate en cas d’assassinat ou de neutralisation de son dirigeant suprême, Kim Jong-un. Cette mesure vise à protéger la chaîne de commandement nucléaire du régime face à d’éventuelles « attaques ennemies ».
Selon des sources relayées par les services de renseignement sud-coréens et rapportées par plusieurs médias internationaux dont The Telegraph, la révision constitutionnelle a été adoptée lors de la 15e session de l’Assemblée populaire suprême le 22 mars dernier. L’article 3 de la loi sur la politique nucléaire stipule désormais explicitement : « Si le système de commandement et de contrôle des forces nucléaires de l’État est mis en danger par des attaques de forces hostiles […], une frappe nucléaire doit être lancée automatiquement et immédiatement. »
Une mesure inspirée par l’Iran
Cette décision intervient quelques mois après la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors d’une opération militaire attribuée à Israël et aux États-Unis en février 2026. Pyongyang voit dans cet événement un précédent dangereux : l’élimination ciblée d’un leader pourrait désorganiser le commandement nucléaire d’un État. En verrouillant une riposte automatique, le régime nord-coréen cherche à dissuader toute tentative de « decapitation strike » (frappe visant à éliminer la tête du pouvoir).
Kim Jong-un, qui détient l’autorité exclusive sur les forces nucléaires du pays, renforce ainsi sa doctrine de dissuasion. Même en cas de disparition du leader, les forces armées seraient constitutionnellement obligées de déclencher une contre-attaque nucléaire sans délai ni délibération supplémentaire.
Un durcissement plus large de la posture nord-coréenne
Cette réforme s’inscrit dans un ensemble de mesures durcissant la posture du régime. La nouvelle Constitution abandonnerait également les références à une réunification pacifique avec la Corée du Sud, qualifiant désormais la frontière entre les deux pays de « ligne militaire permanente ». Ces changements reflètent une escalade verbale et stratégique continue face à Séoul et Washington.
Les experts estiment que cette « dead hand » (main morte) nucléaire vise à rendre toute attaque préventive contre le régime extrêmement risquée, en garantissant une destruction massive en retour, même si la direction politique est décapitée.
Réactions internationales attendues
Pour l’heure, ni Séoul ni Washington n’ont officiellement commenté cette révision constitutionnelle. Cependant, elle risque de relancer les débats sur la prolifération nucléaire et la stabilité dans la péninsule coréenne, déjà mise à rude épreuve par les essais répétés de missiles balistiques nord-coréens.
Cette évolution renforce le caractère irréversible du programme nucléaire nord-coréen, transformant la survie du régime en garantie constitutionnelle d’une riposte atomique.
Sources : rapports des services de renseignement sud-coréens, The Telegraph, Le Parisien, BFMTV et agences internationales.




